Cancers infantiles : guérir plus, et mieux

En France, 2 400 enfants de moins de 18 ans déclarent un cancer chaque année. Une Journée internationale est consacrée à cette maladie mal diagnostiquée.

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Publié le – Modifié le | Le Point.fr

Chaque année en France, près de 2 500 nouveaux cas de cancers touchent les enfants et adolescents de moins de 18 ans. Le dramatique diagnostic bouleverse des familles qui ne comprennent pas pourquoi leur progéniture est victime de cette maladie. Et qui sont donc entraînées dans un tourbillon fait d’examens, de prescriptions, de traitements, de gestions de leurs effets secondaires, parfois de propositions pour intégrer des essais thérapeutiques et de spéculations sur d’éventuelles séquelles. Les questions sont nombreuses, les réponses pas toujours satisfaisantes, les défis à relever, majeurs. La Journée internationale des cancers pédiatriques, ce lundi 15 février, est l’occasion de faire un point sur le sujet.

Comme le précise le communiqué de l’Institut Curie, environ 1 700 enfants de moins de 15 ans et 700 adolescents de 15 à 18 ans déclarent un cancer en France chaque année. « Sous ce terme générique se cachent des maladies très diverses. Ces cancers sont à ce titre considérés comme une multitude de maladies rares. » Les cancers de l’enfant représentent seulement 1 à 2 % de l’ensemble des tumeurs malignes. Les leucémies, les tumeurs du système nerveux central et les lymphomes sont les principales pathologies rencontrées chez les moins de 15 ans (chez l’adulte, on trouve surtout des cancers du poumon, du sein et de la prostate).

8 enfants sur 10 guérissent

« Les cancers chez l’enfant ont deux particularités : une croissance pouvant être très rapide, et une conservation prolongée de la bonne santé apparente », ajoute le Dr Anne-Sophie Defachelles, chef de l’unité pédiatrique du Centre Oscar Lambret (le centre régional de référence dans le traitement des tumeurs solides pédiatriques). « Il existe une multitude de tumeurs pédiatriques et des tumeurs apparemment similaires peuvent avoir des comportements différents en fonction de leur profil génétique et de l’âge du patient. » La bonne nouvelle est que, grâce aux récents progrès, 8 enfants sur 10 guérissent. Malheureusement, près des deux tiers d’entre eux auront des séquelles (cardiaques, neurologiques, motrices…). Sans parler des problèmes de fertilité.

Le centre Gustave-Roussy, à Villejuif (à

l’est de Paris), profite de cette journée pour communiquer sur l’innovation thérapeutique. Cet institut annonce d’ailleurs le lancement de deux projets, dont l’essai européen eSMART, le premier du genre en oncologie pédiatrique. Il a pour objectif de tester dix molécules innovantes (thérapies ciblées, immunothérapies, seules ou en association) provenant de plusieurs laboratoires pharmaceutiques au sein d’un seul et même travail. Lancé au second trimestre 2016 et pour trois ans, il va inclure 260 enfants en échec thérapeutique.

La journée des cancers infantiles étant internationale, il est important de souligner que 175 000 enfants développent un cancer, chaque année, dans le monde. Et que les taux de survie varient de 10 à 80 % selon le niveau de ressources du pays. Pour tenter d’aider les jeunes qui en ont le plus besoin, la fondation d’entreprise Sanofi espoir, My Child Matters, qui vient de fêter ses dix ans d’existence, revendique le financement de 45 projets dans 33 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine pour quelque 8,5 millions d’euros au total. Le but est d’agir dans des domaines aussi variés que la formation de professionnels de santé, l’information, la lutte contre la douleur, les soins palliatifs et le soutien psycho-social. On est loin des thérapies de pointe …

 

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