Cancer. «Témoigner est essentiel»

Cancer. «Témoigner est essentiel»
Il y a quatre ans, la foudre s’abat sur Pierre-Julien L’Honnen : il apprend que sa fille Louise, quatre ans et demi, souffre d’un cancer. Aujourd’hui, elle est guérie. Et le Vannetais estime qu’il est vital de témoigner…

Il figure parmi les intervenants du superbe documentaire de Yann Le Gallic (*) diffusé ce soir sur Tébéo et TébéSud. « C’est un film exceptionnel : on rit, on pleure, il y a des grands moments de grande tristesse, bien sûr, mais aussi et surtout de joie et d’espoir. Le réalisateur Yann Le Gallic s’y est vraiment investi. Il y a mis tout son coeur et son talent. Et puis, tous les patients ou anciens malades qui témoignent sont formidables, à l’image de Rozenn Chuniaud, de Sarzeau (56), qui a écrit un livre et réalisé un DVD sur son expérience (« Patients, familles, soignants » aux éditions reflets d’Ailleurs) », confie Pierre-Julien L’Honnen, 41 ans. « On se retrouve seul » Témoigner : un mot-clef pour Pierre-Julien. Une exigence, aussi : « Parce que quand on vous apprend, soudainement, que votre fille souffre d’une leucémie aiguë lymphoblastique et qu’elle se retrouve, le soir même, dans un service de traitement contre le cancer, le monde bascule. Et, dans ces moments, on aimerait bien avoir ce genre de témoignages de personnes qui sont passées par là et qui ont les mots pour vous réconforter. Car, lorsqu’on vous dit cancer, on pense tout de suite à la mort, alors que ce n’est plus vrai. Aujourd’hui, les traitements sont efficaces et on sait agir contre la douleur. Mais, quand cela vous tombe dessus, quelle que soit la qualité de l’accueil des personnels soignants – ce qui a été le cas pour nous au CHU de Nantes – rien ne remplace le vécu d’un malade car, soudainement on se retrouve tout seul et totalement désarmé ». « Comme une petite fille normale » Pierre-Julien est le seul non patient à intervenir parmi la dizaine de personnes qui ouvrent leur coeur dans le documentaire de Yann Le Gallic : « Ma fille aurait été plus âgée, j’aurais aimé qu’elle en parle. Mais elle n’avait que quatre ans et demi à l’époque ». À cet âge-là, la notion de dangerosité et de gravité n’existent pas : « Est-ce que les piqûres ça fait mal ? Ça s’arrête là », souligne Pierre « et puis quand papa et maman sont là, tout va bien ». Des parents mais aussi des grands-parents qui ont été très présents, pour soutenir Louise, mais sans faire de catastrophisme, la traitant « comme une petite fille normale. On s’est adapté à son état. Ce qu’elle ne pouvait pas faire, on ne le faisait pas ; c’est tout. Mais il faut avouer que nous avons eu de la chance dans notre malheur. Il existe des cas où le patient doit rester alité et ne peut pas sortir. Il faut aussi dire que la médecine a fait beaucoup de progrès et que l’on peut avoir une vie à l’extérieur tout en faisant l’objet de soins ». Pierre-Julien rend également hommage à la maîtresse d’école de Louise qui a maintenu le contact quotidien, via les mails, pendant les neuf mois d’absence de la jeune fille. De même, les copains et les copines resteront fidèles : « Malgré la perte de ses cheveux, ils l’ont toujours acceptée. En fait, c’est un truc d’adulte, le rejet de l’apparence… Et tout cela, ça aide ». « Elle a gagné » Sans oublier le caractère de la petite fille, encore plus fort aujourd’hui, selon son papa. Une Louise qui a désormais huit ans, plein de copains et copines, qui travaille très bien à l’école, se porte à merveille et croque la vie à pleines dents : « C’est elle qui a gagné, avec le soutien de sa grande soeur Clara, qui l’a beaucoup soutenue ». Ces mauvais jours, toute la famille souhaite désormais les oublier, bien décidée à profiter de la vie : « C’est sûr que l’on relativise beaucoup plus les problèmes et les soucis du quotidien », confie Pierre-Julien. « Ceci dit, je n’avais pas un caractère soucieux à la base et on profitait déjà beaucoup de nos filles avec qui nous étions proches. Nous étions heureux, nous le sommes toujours autant et il n’y a pas de raison que cela ne continue pas… S’il y a un message à adresser aux personnes qui se retrouvent confrontées au cancer, c’est celui-là ».© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/cancer-temoigner-est-essentiel-14-04-2015-10594061.php

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