À Lille, le centre Oscar-Lambret à la pointe du combat contre les cancers pédiatriques

Les cancers des enfants et adolescents, s’ils ne sont plus un tabou, restent une réalité. Ils représentent la deuxième cause de mortalité infantile en France. Quoi de mieux, en cette journée internationale, que de visiter l’unité pédiatrique du centre Oscar-Lambret qui est à la pointe du combat ?

875062845_B977860764Z.1_20160215203225_000_G7I66UTCF.1-0

Gabin, 8 mois s’étire. Tumeur maligne : neuroblastome. Son père, 31 ans, le prend dans ses bras. Leurs vies se sont arrêtées la veille de Noël. « Un avant et un après » que Laurent et son épouse gèrent depuis avec le soutien d’une équipe qualifiée de « formidable ».

« Un cancer chez l’enfant ? Je pensais que cela n’existait pas ou alors de façon rarissime. ». Anne-Sophie Defachelles, chef de l’unité pédiatrique du centre Oscar-Lambret (COL), rappelle qu’ici « ce sont 600 jeunes patients (de 0 à 25 ans) qui sont pris en charge chaque année ». Le COL se situe dans le « top five » des centres d’oncologie pédiatrique en France. Il est le plus performant dans le traitement des neuroblastomes. Sa méthode de radiothérapie ciblée fait figure d’exemple.

« Nous sommes arrivés complètement perdus et la prise en charge a été totale »

« Huit enfants sur dix guérissent d’un cancer », poursuit Anne-Sophie Defachelles, à l’optimisme et à la lucidité intacts. « Certains cancers peuvent être d’emblée incurables ou plus agressifs entre 13 et 15 ans sans que l’on comprenne bien pourquoi (lire ci-dessous). » La phrase résume la mobilisation du jour. L’obligation pour la recherche de poursuivre et de parfaire son œuvre. Le COL y prend sa part. « Nous sommes accrédités au niveau européen (ITCC) pour poursuivre les essais thérapeutiques de phase 1 (administration de nouvelles molécules) chez l’enfant », glisse la pédiatre. Seuls six centres y sont autorisés sur le territoire national. « Le cancer pédiatrique n’est plus un tabou. » Environ 70 % des jeunes patients d’Oscar-Lambret ont pu bénéficier d’essais cliniques en 2015. L’objet est désormais de trouver de nouveaux médicaments, de nouvelles voies complémentaires aux chimiothérapies dont on espère réduire les effets secondaires, mal évalués sur le long terme.

Un suivi intégré dans le cadre d’une vision pluridisciplinaire. C’est ce qui a rassuré Laurent. « Nous sommes arrivés complètement perdus et la prise en charge a été totale. » Elle dépasse le cadre hospitalier. Ses confrères lui ont offert 200 jours de RTT pour qu’il reprenne pied dans le cadre d’une vie « à jamais chamboulée ».

0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *